Presse

Philippe Ramin Diapason Juin 2017
5 Diapasons

« Ce voyage à travers la musique de Frescobaldi en dit beaucoup sur les goûts et les passions d’un jeune claveciniste français encore discret, admiré par ses pairs pour son aisance quand il s’assoit au clavier et improvise comme d’autres respirent.[…] L’intermédiaire du clavier semble avoir proprement disparu. L’extrême souplesse du toucher, cette manière permanente d’arpéger nous plonge dans un lointain passé où la technique de clavier se devait de produire un effet proche des luths et autres théorbes. Particulièrement éloquente dans le Ricercare, dont les angles adoucis génèrent des rencontres harmoniques savamment floutées, cette distance poétique réussit également aux deux Partitas variées, où les accents de la dance émergent fugacement d’une matière résonnante, mais concluent sauvagement la Folia. Moulin fait le pari d’étirer les fameuses Cento Partite a un tempo d’une lenteur sans précédent au disque (plus de quatorze minutes, quand certaines versions passent allègrement sous la barre des dix); il le tient avec des qualités d’organisation structurelle remarquable. On admire autant la montée en puissance progressive, et il sait jouer du morcèlement qu’impose ce tempo.[…] En forme de clin d’oeil, une piste cachée en fin de disque referme le rideau de ce spectacle véritablement envoûtant sur l’ultime variation sopra Ruggiero. Il faudra suivre ce poète. »


Jean-Christophe Pucek  17 Septembre 2017
wunderkammern.fr

« Continuiste recherché, le discret Yoann Moulin signe ici un premier disque soliste mieux que prometteur, accompli, et on salue d’autant plus sa réussite qu’il a choisi de se confronter aux œuvres d’un musicien qui requiert autant de distance pour analyser et se conformer à la rigueur de ses constructions que de capacités d’émancipation afin de ne pas s’y enfermer et de rendre justice à son irrépressible liberté. Doué d’un toucher d’une grande variété et d’une technique sans faille qui lui permet d’affronter crânement les difficultés de partitions souvent fort exigeantes en termes de virtuosité, le claveciniste domine si bien son sujet qu’il ne livre pas seulement une lecture à la fois minutieusement réfléchie et très engagée mais également – et surtout – éminemment personnelle. Qu’il s’agisse du choix de varier couleurs et densité sonore en utilisant alternativement un clavecin et un virginal ou de ne pas précipiter le tempo dans les vastes séries de variations sans qu’elles y perdent pour autant en tension et en éclat, tout révèle ici, en effet, un projet qui a subi un indispensable processus de maturation en prenant le temps de sonder les œuvres en profondeur afin d’en comprendre les secrets et de trouver l’angle d’approche le plus approprié pour en exalter les humeurs, les nuances, les parfums, les fulgurances. À la fois plein de sève et de sensibilité, s’ouvrant par instants sur une dimension plus inquiète et méditative, toujours soucieux de fluidité, de chant et ne concédant rien ni à l’esbroufe, ni aux modes du jour, ce récital de haut vol désigne Yoann Moulin comme un musicien à suivre avec la plus grande attention, et l’on sait gré à L’Encelade, qui semble avoir à cœur de mettre en lumière la richesse de l’école de clavecin français, de lui avoir donné la chance d’enregistrer ce disque. »

Loïc Chahine 25 janvier 2018 Le Babillard
le-babillard.fr

« Yoann Moulin excelle à faire parler la personnalité des deux instruments, sans pour autant donner l’impression d’une profonde disparité — car le disque brille par son homogénéité.Dès la Toccata Prima s’impose un jeu pas du tout « en dehors », pas du tout démonstratif — encore que le mot semble mal choisi, car, justement, Yoann Moulin démontre, conduit. Il faut écouter avec finesse, et l’on entend alors à quel point il comprend et fait comprendre la musique — telle note inattendue, par exemple, d’un micro-rien retardée pour la mettre en valeur… La variété délicate des articulation n’est jamais outrancière. Ainsi, les Cento Partite sopra Passacagli exploitent à plein les possibilités de l’instrument, mais sans faire la girouette à trop changer de registres. De la variété, oui ; de l’inconstance et de la volatilité, non. LesPartite sopral l’aria della Romanesca sont si libres, si peu engoncées dans leurs certitudes rythmiques qu’elles ressemblent presque encore à une toccata.Dans la Canzona Prima, Yoann Moulin passe avec une grande fluidité d’un style plus libre, plus déclamatoire — mais avec des « traits », des vocalises, si vous voulez —, à une plus grande rigueur rythmique, sans jamais faire entendre de rupture. La Canzon Quinta envoie la main gauche tinter dans des aigus stellaires sans rien d’agressifs, mais au contraire tout à fait enchanteurs. Les « foisonnements d’essais acoustiques », le « précieux héritage de timbres et de couleurs » dont parle Yoann Moulin dans la note d’intention du disque ne sont pas de vains mots : ils font une part de la saveur de cet enregistrement.Dans l’écrin d’une prise de son somptueuse, le claveciniste prête une attention constante à la résonance, à ne pas laisser le discours s’interrompre… Il s’étend, se distend même, mais en restant toujours en tension ; c’est-à-dire qu’il s’arrête un moment, mais ne se rompt pas — il plie, et se déploie.

À tout moment, Yoann Moulin fait entendre les richesses de l’écriture ; il met en valeur les angles du discours sans le faire paraître hérissé de pointes. Un disque concentré, pesé, peut-être un peu austère de prime abord, parce qu’exigeant, mais profondément stimulant. »

Doulas Hollick Juin 2018
The Consort                                                    https://www.dolmetsch.com


« This is an exemplary recording (…), and some of the best playing of Frescobaldi I have heard. It is an excellent introduction if you are new to this music. »


Jean-Marc Warszawski 5 Mai 2017                                        Musicologie.org

C’est une musique élégante et de cour, récitative, sinon les belles et joyeusement sautillantes Canzona, en recherche d’expression poétique et galante, déjà tonale, mais encore modale, qui réserve de belles dissonances livrées ici avec plaisir et sensualité.

Michel Jakubowicz 8 Mai 2017

On-mag.fr                                                                         5 ☆

« Un programme Frescobaldi fort bien défendu par un interprète émérite »